L’histoire de Mandela par son tableau des mains…

Un jour, l’écrivain et ancien ministre de la Culture André Malraux a affirmé : « L’art, c’est le plus court chemin de l’homme à l’homme. ». C’est ce qu’a été l’art pour Nelson Mandela quand l’artiste et fille du président sud-africain Frederik de Klerk, Susan de Klerk, l’a poussé à se lancer dans la peinture pour évacuer sa souffrance. Afin d’illustrer ce travail métaphorique qui transmet son histoire, mais aussi celle de l’Afrique du Sud, j’ai choisi de vous parler du « tableau des mains » dessiné au fusain.

1 – Struggle / Lutte :

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La première main du tableau est accompagnée du mot « struggle », littéralement « la lutte » ou « le combat ». Elle représente le combat mené contre l’apartheid par Nelson Mandela et par tout le peuple noir sud-africain. Elle symbolise l’opposition entre le peuple noir et le peuple blanc, entre l’ANC (African National Congress, parti politique des opposants au régime de l’apartheid) et le National Parti (parti ayant instauré le régime ségrégationniste), l’opposition entre ce qui est juste et ce qui est mal. Cette main est alors à la fois une métaphore du combat de l’homme noir sud-africain contre l’apartheid, mais aussi, plus largement, celle du combat de l’homme noir contre la ségrégation raciale à travers le monde.

2 – Inprisonement / Emprisonnement :

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Le second croquis du tableau est accompagné du mot « imprisonement », littéralement « emprisonnement » et représente des mains enchaînées. Ce croquis représente plusieurs choses. D’une part, l’impossibilité de s’exprimer, de se défendre et donc la vulnérabilité de l’homme noir dans cette Afrique du Sud ségrégationniste et un emprisonnement spirituel et émotionnel. D’autre part, un emprisonnement physique, celui de Nelson Mandela, Walter Sisulu ou encore Ahmed Kathrada, tous emprisonnés à cause de leur appartenance à l’ANC après le procès de Rivonia.

3 – Freedom / Liberté :

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Ce troisième croquis, accompagné du mot « freedom », littéralement « liberté », représente les mains précédentes avec les chaines brisées. L’inversion des mains, tournée vers le haut au lieu de vers le bas comme dans le croquis précédent montre l’inversion de la situation, le passage du statut de prisonnier à celui d’homme libre. C’est ici une libération spirituelle et physique pour Mandela. En effet, on passe de la privation d’opinion pendant son emprisonnement à Robben Island à la négociation avec l’État lors de son passage à la prison de Poolsmore puis lors de son passage en résidence surveillée à la prison de Victor Vester. Cette libération progressive s’achève lors de sa libération définitive et par son élection de président.

4 – Unity / Unité :

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L’avant-dernier croquis est accompagné du mot « unity », littéralement « unité » et représente des mains qui se serrent. C’est ici le symbole de la fameuse « Rainbow Nation », la réconciliation du peuple sud-africain noir et blanc, celle de Nelson Mandela avec ses geôliers, la réconciliation de chacun avec soi-même. Ici, c’est l’envie de Nelson Mandela, celle d’un peuple uni, qui est représentée.

5 – Future / Futur :

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Le dernier croquis représente la main d’un enfant dans celle d’un adulte et est accompagné du mot « future ». C’est le projet d’une Afrique du Sud future où la ségrégation ne serait plus présente qui est sous-entendu ici. C’est l’envie d’une Afrique du Sud, et plus largement, d’un monde où l’homme blanc et l’homme noir vivent en harmonie et où chacun comprend qu’il existe entre eux une complémentarité à explorer pour améliorer le monde. C’est envisager un monde meilleur à transmettre aux enfants et à construire avec eux parce que pour Mandela l’enfant est l’avenir du monde d’où sa fondation pour l’éducation et le sida.

6 – Message de Nelson Mandela :

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Voici la retranscription et la traduction du message signé par Nelson Mandela qui achève son tableau :

« These sketches are not so much about my life as they are about my own country. I drew hands because they are powerful instruments, hands can hurt or heal, punish or uplift. They can also be bound but a quest for righteousness can never be repressed. In time, we broke lose the shackles of injustice, we joined hands across social divides and national boundaries, between continents and over oceans and now we look to the future, knowing that even if age makes us wiser guides, [it is] the youth that reminds us of love, of trust and of the value of life. »  25.7.2001  N.Mandela

« Ces croquis ne parlent pas tant de ma vie que de mon pays. J’ai dessiné des mains parce qu’elles sont un instrument puissant, les mains peuvent blesser ou guérir, punir ou encourager. Elles peuvent aussi être liées mais une quête de justesse ne peut jamais être réprimée. Avec le temps, nous avons brisé les chaines de l’injustice, nous avons joint les mains au-delà des divisions sociales et des frontières nationales, entre les continents et par-delà les océans et maintenant nous pouvons regarder vers le futur, en sachant que même si l’âge fait de nous des guides plus sages, c’est la jeunesse qui nous rappelle l’amour, la confiance et la valeur de la vie. » 25 juillet 2001, Nelson Mandela.

Et voilà mon analyse de ce tableau des mains fait par Nelson Mandela. J’espère que cet article vous a plu et si vous le souhaitez, vous pouvez laisser un commentaire un peu plus bas. N’hésitez pas également à aimer et partager afin de m’aider, cela me ferrais vraiment plaisir ! Si jamais vous avez une question, une envie d’article, besoin d’un avis/conseil : n’hésitez pas à m’envoyer un message en remplissant le formulaire de contact, je me ferais un plaisir de vous répondre ! (inscrivez-vous aussi à la newsletter si vous ne voulez plus manquer un seul article !)